|
Emile
Zola

Émile Zola,
écrivain français (Paris, 2 avril 1840 - Paris, 29 septembre 1902), est
considéré comme le chef de file du
naturalisme. Il a joué un grand rôle dans la révision
du procès d'Alfred Dreyfus.
Biographie
Fils unique de
Francesco Zola ( 7 août 1795 à Venise – 27 mars 1847 ), ingénieur italien qui
travaillera à Aix-en-Provence, à la construction du canal qui portera son nom,
et d'Émilie Aubert (6 février 1819–17 octobre 1880), originaire de la Beauce
bourguignonne, Émile naît à Paris le 2 avril 1840. La famille s'installe à
Aix-en-Provence et connaît, à la mort du père, de graves difficultés
financières. Au collège d'Aix, il est condisciple de Paul Cézanne à qui il dut,
plus tard, de rencontrer des peintres comme Monet, Sisley, Pissarro, Manet. Il
rentre au lycée Saint Louis à Paris en mars 1858 et, en 1859, échoue par deux
fois au baccalauréat (à cause du français...). Ne voulant plus être à la charge
de sa mère, il abandonne ses études et cherche du travail. Le 1er avril 1860,
Zola entre aux docks de la douane mais quitte son emploi deux mois plus tard. En
1862, il est naturalisé français, trouve un modeste emploi comme
manutentionnaire, pour 100 francs par mois à la librairie Hachette, où il
restera jusqu'en 1866.
Apport
journalistique
Émile Zola, peinture d'Édouard Manet en 1868En
quelques mois, il devient chez Hachette chef de la publicité et noue
nombre de relations
avec de grands noms tels que Taine ou Littré. Dès 1863, Zola collabore aux
rubriques littéraires de
différents journaux. Son activité de journaliste est
promise à occuper dans sa vie une place de choix. Dès 1866, il tient
dans l'Événement la
chronique littéraire ainsi qu'une chronique artistique. Il a alors pour amis
Édouard Manet, Camille
Pissarro et fait la connaissance d'Edmond et Jules de
Goncourt. À l' Illustration, il donne deux contes. Il écrit dans un
journal alors de
gauche, le Figaro, dans le Globe, le Gaulois et la Libre Pensée.
Il conçoit le projet Rougon-Macquart, qu'il terminera
en 1893. Cela sans cacher qu'il s'agit d'un objectif vénal :
gagner de l'argent
étant l'une de ses obsessions avec celle de rendre à sa mère une dignité
sociale. Il commence par
écrire et faire paraître des contes, mais son projet
est romanesque et s'inscrit dans le réalisme de Balzac et de Flaubert,
auquel il
ajoute un intérêt marqué pour les névroses. Avec Thérèse Raquin, l'entreprise se
dessine, mais elle va s'accomplir avec Les Rougon-Macquart, vaste fresque
romanesque de vingt romans dans lesquels l'auteur entreprend de décrire tous les
milieux sociaux et de montrer comment se transmet et se transforme dans une
famille une même tare génétique. A ce travail colossal, Zola consacre
l'essentiel de son temps pendant plus de vingt années (Nulla dies sine linea -
Pas un jour sans une ligne - était sa devise). Il se marie en 1870 avec
Alexandrine Méley, mais n'aura pas d'enfants d'elle. La même année il est engagé
comme secrétaire par le député de gauche Alexandre Glais-Bizoin. En 1871, il est
journaliste parlementaire à la Cloche et collaborateur régulier du Sémaphore de
Marseille et du Messager de l'Europe, mensuel dans lequel paraîtront en 1878 Les
Romanciers contemporains et, en 1879, le manifeste du mouvement naturaliste, Le
Roman expérimental.
A partir de 1873, il
se lie avec Gustave Flaubert et Alphonse Daudet. Il rencontre Joris-Karl
Huysmans, Paul Alexis, Léon
Hennique et Guy de Maupassant qui deviendront les
fidèles des soirées de Médan, lieu, près de Poissy où il possède une
petite maison de
campagne, acquise en 1878. Il devient le chef de file des naturalistes. Le
volume collectif de ces Soirées
paraîtra deux ans plus tard. En 1886, Zola rompt avec
Paul Cézanne qui eut peut-être raison de se reconnaître dans le
personnage de Claude
Lantier, le peintre raté de L'Œuvre. La publication de La Terre soulève la
polémique : le « Manifeste des cinq » marque la critique de jeunes écrivains
naturalistes. Sa vieillesse est pourtant illuminée par les deux enfants que lui
donne Jeanne Rozerot, sa maîtresse depuis 1888.
Vocation tardive?
Les Rougon-Macquart
achevés, Zola entreprit une nouvelle œuvre en trois volumes, Les Trois Villes :
Lourdes, paru en 1894 et aussitôt mis à l'index; Rome, en 1895; Paris, en 1898.
Ce triptyque décrit l'aventure de Pierre Froment, fils d'un
couple singulier
composé d'une dévote et d'homme de science. Il est le foyer des oppositions de
la fin du siècle: la
science et le retour au spiritualisme. Les Quatre
Évangiles suivront: Pierre a fini par épouser Marie, avec laquelle il a
trouvé le
bonheur; ils auront quatre fils, nouveaux apôtres auxquels il appartient de
réaliser sur la Terre la justice et
la paix. Mathieu est le héros de Fécondité (1899), Luc
celui de Travail (1900), Marc celui de Vérité (1902). Zola meurt, alors qu'il
travaille à Justice, dont Jean aurait été le héros.
Engagement dans
l'Affaire Dreyfus
Voir l’article Affaire Dreyfus.
La une du journal
L'Aurore du 13 janvier 1898 avec la lettre « J'accuse » de Zola.Installé dans
une confortable notoriété
(il transforme régulièrement la maison de Médan avec
ses droits d'auteur), il n'hésite pas à entrer dans la lutte politique
lorsqu'il
est convaincu de l'innocence du capitaine Dreyfus accusé d'espionnage à la solde
de la Prusse. Il ne se manifeste
pas lors de l'arrestation de Dreyfus en 1894.
Pourtant, dès 1895, Zola est indigné par les campagnes antisémites, en
particulier par celle d'Édouard Drumont dans La France juive et son journal La
Libre Parole. La dégradation publique de Dreyfus, le 5 janvier 1895, et son
emprisonnement à l'Île du Diable l'interpellent. Le 16 mai 1896, il publie
l'article Pour les juifs dans le Figaro en réaction aux campagnes à la Drumont
et s'inquiète déjà de l'honneur de la France.
Cet engagement, sa stature et son statut de chef de
file du naturalisme, son indépendance à l'égard des religions et de
l'argent, son
efficacité rhétorique, poussent les dreyfusards Scheurer-Kestner et Bernard
Lazare à lui demander d'intervenir.
Il hésite mais, en septembre 1897 il écrit à sa femme
qu'il est décidé. Le 13 janvier 1898 il publie dans L'Aurore de
Georges Clémenceau son
fameux « J'accuse » [1](Lettre au Président de la République), donnant ainsi une
nouvelle dimension au processus de la révision. Un procès en diffamation le
condamne à un an d'emprisonnement, le maximum de la peine prévu, et à une grosse
amende - qui, avec les frais, s'élève à 7 500 francs (elle est payée par
l'écrivain Octave Mirbeau). Il part en exil à Londres pour éviter
l'emprisonnement. De retour, un an plus tard, il publie dans La Vérité en marche
ses articles sur l'affaire.
Décès et
honneurs
Tombe de Zola au cimetière de Montmartre.Le 29
septembre 1902, il meurt asphyxié, chez lui, à cause d'une cheminée bloquée.
Cette mort
serait accidentelle, mais étant donné le nombre d'ennemis qu'avait pu se faire
Zola (notamment chez les
anti-dreyfusards) la thèse de l'assassinat n'a jamais
été totalement écartée. Après sa mort, une enquête est réalisée mais
n'aboutit à aucune
conclusion probante. Au cours de ses obsèques au cimetière de Montmartre, une
délégation de mineurs
descendue du Nord défile devant sa tombe en scandant
le mot "Germinal". Prononçant l'oraison funèbre, Anatole France dira de Zola :
"Il fut un moment de la conscience humaine."
Alfred Dreyfus est
réhabilité en 1906.
Les cendres de Zola ont été transférées au Panthéon de
Paris le 4 juin 1908.
Le 13 janvier 1998 une
cérémonie a eu lieu au Panthéon de Paris, présidée par le ministre de la
Justice, Élisabeth Guigou,
pour le centenaire de la parution dans l'Aurore de la
lettre ouverte au Président de la République, J'Accuse.
Deux discours ont été prononcés, par le Premier
ministre, (discours consultable sur Wikisource) et par le Premier Président
Honoraire
de la Cour de Cassation, Pierre DRAI, sur le thème du rôle de la Cour de
cassation dans le dénouement de l'affaireDreyfus.
Aujourd'hui il est considéré comme la figure phare du
naturalisme et comme l'un des plus grands écrivains français de tous les temps
(à relativiser).
Depuis 1985 sa maison
de Médan (Yvelines) est devenue un Musée.
Tous les premiers
dimanche d'octobre un pélerinage est organisé par la Société Littéraire des Amis
d'Emile Zola.
Cinéma
L'œuvre d'Émile Zola a
connu une large adaptation cinématographique, avec plus de soixante films
réalisés d'après ses œuvres,
en diverses langues. La première adaptation fut celle
de L'Assommoir, par Ferdinand Zecca, l'année même du décès de l'auteur, en
1902.
Outre L'Assommoir, plus de la moitié des titres de la
série des Rougon-Macquart ont été adaptés à l'écran. Certains, comme Nana ou
Germinal ont fait l'objet de plusieurs adaptations, avec une fidélité plus ou
moins heureuse aux œuvres d'origine.
Hors des
Rougon-Macquart, le seul ouvrage de Zola qui sera assez largement traité à
l'écran est Thérèse Raquin.
Enfin, on peut relever
les adaptations suivantes :
Série des Trois villes
:
Miraklet
ou Within the Gate de Victor Sjöström - 1913, Suède, N&B, muet. Basé sur
Lourdes.
Série des Quatre évangiles :
Destruction de Will S.
Davis - 1915, États-Unis, N&B, muet. Basé sur Travail.
Au Travail d' Henri
Pouctal - 1920, France, N&B, muet. Basé sur Travail.
Féconditéde Nicolas
Evreinoff et Henri Étiévant - 1929, France, N&B, muet. Basé sur Fécondité.
Romans
Naïs de
Raymond Leboursier - 1945, France, 117 min, N&B. Avec Fernandel, dans le
rôle de Toine, et Jacqueline Pagnol dans
celui de Naïs
Micoulin. Basé sur Naïs Micoulin. A noter que Marcel Pagnol participa à la
scénarisation de l'œuvre pour son passage à l'ecran.
Œuvres
Romans et
nouvelles
[ Dérouler ]Cliquez
sur dérouler pour voir la bibliographie
Contes à Ninon, J.
Hetzel et A. Lacroix, Paris, 1864.
La confession de Claude, A. Lacroix, Verboeckhoven et
Cie, Paris, 1865.
Le vœu d'une morte, A. Faure, Paris, 1866.
Les mystères de
Marseille, A. Arnaud, Marseille, 1867.
Thérèse Raquin, A.
Lacroix, Verboeckhoven et Cie, Paris, 1867.
Madeleine Férat, A.
Lacroix, Verboeckhoven et Cie, Paris, 1868.
contes à Ninon,
Charpentier, Paris, 1878.
Les soirées de Médan
(1880), en collaboration avec Maupassant, Huysmans, Léon Hennique, Henri Céard
et Paul Alexis,
Charpentier, Paris, 1880.
Madame Sourdis (1880)
Le
Capitaine Burle, Charpentier, Paris, 1882.
Naïs Micoulin,
Charpentier, Paris, 1884.
La mort d'Olivier Bécaille 1884
Nantas
Jacques Damour1880
La série
des Rougon-Macquart
La Fortune des Rougon, A. Lacroix, Verboeckhoven et
Cie, Paris, 1871.
La Curée, A. Lacroix, Verboeckhoven et Cie, Paris,
1872.
Le
Ventre de Paris, Charpentier, Paris, 1873.
La Conquête de
Plassans, Charpentier, Paris, 1874.
La Faute de l'abbé Mouret, Charpentier, Paris, 1875.
Son
Excellence Eugène Rougon, Charpentier, Paris, 1876.
L'assommoir,
Charpentier, Paris, 1878.
Une page d'amour, Charpentier, Paris, 1878.
Nana, Charpentier,
Paris, 1880.
Pot-Bouille, Charpentier, Paris, 1882.
Au Bonheur des Dames,
Charpentier, Paris, 1883.
La Joie de vivre, Charpentier, Paris, 1883.
Germinal, Charpentier,
Paris, 1885.
L'Œuvre, Charpentier, Paris, 1885.
La Terre, Charpentier,
Paris, 1887.
Le Rêve, Charpentier, Paris, 1888.
La Bête humaine,
Charpentier, Paris, 1890.
L'Argent, Charpentier, Paris, 1891.
La Débâcle,
Charpentier et Fasquelle, Paris, 1892.
Le Docteur Pascal,
Charpentier et Fasquelle, Paris, 1893.
La série des Trois
villes
Lourdes, Charpentier et Fasquelle, Paris, 1894.
Rome,
Charpentier et Fasquelle, Paris, 1896.
Paris, Charpentier et
Fasquelle, Paris, 1898.
La série des Quatre Évangiles
Fécondité, Fasquelle,
Paris, 1899.
Travail, Fasquelle, Paris, 1901.
Vérité, Fasquelle,
Paris, 1903 (après la mort de l'auteur).
Justice (resté à
l'état de projet)
Pièces de théâtre
Thérèse Raquin (drame
en 4 actes), Charpentier, Paris, 1873.
Les héritiers
Rabourdin (comédie en 3 actes), Charpentier, Paris, 1874.
Le bouton de rose,
1878.
Madeleine (1889), écrit en 1865.
Poèmes lyriques
Messidor, Fasquelle,
Paris, 1898.
L'ouragan, Fasquelle, Paris, 1901.
Œuvres critiques [modifier]
Mes haines, causeries
littéraires et artistique, A. Faure, Paris, 1866.
Mon Salon, Librairie
centrale, Paris, 1866.
Edouard Manet, étude biographique et critique, E.
Dentu, Paris, 1867.
A propos de l'Assomoir, en collaboration avec Édouard
Rod, 1879
Le Roman expérimental, Charpentier, Paris, 1880;
nouvelle édition commentée, GF-Flammarion, 2006.
Nos auteurs
dramatiques, Charpentier, Paris, 1881.
Les Romanciers
naturalistes, Charpentier, Paris, 1881.
Le Naturalisme au
théâtre, les théories et les exemple, Charpentier, Paris, 1881.
Documents littéraires,
Charpentier, Paris, 1881.
Une campagne (1880-1881), Charpentier, Paris, 1882.
Nouvelle
campagne (1896), Fasquelle, Paris, 1897.
Humanité, vérité,
justice. L'affaire Dreyfus. Lettre à la jeunesse, Fasquelle, Paris, 1897.
Les quatre
Evangiles 1899.
L'affaire Dreyfus, la vérité en marche, Fasquelle,
Paris, 1901.
J'accuse (L'Aurore 13 janvier 1898)
|
|
|
|